Mythe : Le cyclisme provoque-t-il l’impuissance ?
Un sujet tabou, mais qui préoccupe beaucoup de monde. La question revient sans cesse : le cyclisme longue distance peut-il nuire à la virilité ? Les cyclistes sur route, notamment, qui passent de longues heures en selle, sont souvent dans le doute. Mais qu’en est-il vraiment ? Nous allons clarifier ce que dit la science et vous donner des conseils pour rester en forme et performant à vélo.
Par Vincent Augustin 4 minutes de lecture
D'où vient ce mythe ?
L'idée que le cyclisme puisse causer l'impuissance n'est pas nouvelle. Dès les années 1990, des études ont suggéré que la pression exercée sur le périnée – la zone située entre les organes génitaux et l'anus – pouvait affecter les nerfs et les vaisseaux sanguins. Il en résultait, selon ces études, des engourdissements, voire des troubles de l'érection.
Cependant, cette théorie était souvent exagérée à l'époque. Aujourd'hui, nous savons que le problème ne réside pas dans le cyclisme en lui-même , mais plutôt dans une mauvaise position sur le vélo, une selle inadaptée ou une pression excessive exercée sur une zone .
Ce que la science en dit
Les résultats des recherches sont mitigés : on trouve des rapports faisant état d’irritations nerveuses causées par le cyclisme, ainsi que de vastes études ne constatant aucun risque accru et permanent de dysfonction érectile lié au cyclisme .
Dès 1997, Andersen et Bovim décrivaient des cas d' engourdissement et de dysfonction érectile transitoire chez des cyclistes amateurs pratiquant l'endurance, qu'ils attribuaient à la compression nerveuse due à la pression de la selle. L'étude confirme que l'irritation du nerf périnéal peut survenir lors d'étapes très longues, mais elle ne concerne que des cas isolés et non une épidémie généralisée.
Cependant, des ensembles de données plus vastes et plus modernes fournissent des résultats rassurants : l’ étude transversale multinationale d’Awad et al. (2018) n’a révélé aucune association générale entre la pratique du cyclisme et une moins bonne fonction sexuelle ou urologique par rapport aux coureurs et aux nageurs ; toutefois, certains troubles génitaux spécifiques (par exemple, des sténoses urétrales ou des engourdissements transitoires) étaient plus fréquents avec certains styles de cyclisme. L’étude souligne également l’influence de facteurs tels que la position de la selle et la hauteur du guidon.
L’analyse « Cycling for Health UK » de Hollingworth, Harper et Hamer (étude observationnelle) aboutit à une conclusion générale similaire : la pratique régulière du vélo n’était pas clairement liée à une augmentation du taux de dysfonction érectile, d’infertilité ou de cancer de la prostate ; cependant, les auteurs discutent des mécanismes possibles (traumatismes répétés, inflammation, pression) et recommandent des investigations supplémentaires dans les cas de volume hebdomadaire très élevé.
Les portails médicaux et les experts résument la situation comme suit : les troubles de l’érection sont généralement dus à des maladies vasculaires, au diabète, à l’hypertension artérielle, à la prise de médicaments ou à des facteurs psychologiques, et non principalement à des sports comme le cyclisme. Par ailleurs, les urologues et les spécialistes en médecine sexuelle insistent sur le fait que les douleurs périnéales et les engourdissements temporaires doivent être pris au sérieux, car ils indiquent des problèmes de pression locale qui peuvent généralement être résolus par des ajustements ergonomiques.
Le consensus scientifique est globalement le suivant : ceux qui font régulièrement du vélo font du bien à leur corps (et à leur virilité) – à condition de prêter attention à l'ergonomie.
Le vrai problème : les escarres et l’engourdissement
Il peut en effet se produire un engourdissement temporaire de la région génitale . C'est un signe d'alerte indiquant que la pression exercée sur le périnée est trop importante.
Causes :
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Selle trop étroite ou trop dure
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Position assise incorrecte (penché trop en avant)
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Absence de pauses ou durée excessive des périodes assises
La bonne nouvelle, c'est que ces symptômes disparaissent généralement une fois la pression réduite ou la position assise ajustée.
Voici comment vous protéger et rester productif.
Le risque peut être minimisé grâce à quelques mesures simples :
1. La selle droite
Choisissez une selle ergonomique adaptée à votre bassin et comportant une découpe au niveau du périnée . De nombreuses selles de vélo de route modernes sont spécialement conçues pour prévenir les points de pression.
2. Vérifier la position assise
Une flexion excessive du bassin ou un guidon trop bas entraînent des pressions inutiles. Une analyse de positionnement sur le vélo réalisée par un professionnel peut s'avérer très efficace dans ce cas.
3. Changements de position réguliers
Rouler debout , se lever brièvement, se détendre – tout cela soulage le périnée et favorise la circulation sanguine.
4. Le bon short de cyclisme
Un cuissard de cyclisme avec une peau de chamois de haute qualité est indispensable. Il répartit la pression uniformément et réduit les frottements.
5. Écoutez les signaux de votre corps.
L'engourdissement n'est pas un sujet tabou, mais un signal d'alarme. Toute personne présentant des symptômes réguliers doit les prendre au sérieux et, si nécessaire, consulter un urologue ou un médecin du sport.
Quel est le lien entre le cyclisme et la santé sexuelle ?
Le vélo renforce non seulement les jambes et les poumons, mais il améliore aussi la santé vasculaire globale . Une bonne circulation sanguine est essentielle à une érection stable.
De plus, une activité physique régulière réduit le risque d’ obésité, d’hypertension artérielle et de diabète – autant de facteurs qui peuvent contribuer aux troubles de l’érection .
En d'autres termes, la pratique du vélo préserve la puissance – elle ne la met pas en danger.
Conclusion : Le mythe persiste – mais il est faux.
Non, le cyclisme ne provoque pas l'impuissance. C'est l'une des formes d'entraînement d'endurance les plus saines, bénéfique pour le cœur, le système circulatoire et la fonction sexuelle.
Ceux qui font attention à leur selle, à leur posture et à leurs pauses n'ont rien à craindre.
Ou, pour le dire de façon provocatrice : la seule chose qui lâche à vélo, c’est la batterie, pas le cycliste. 😉💪🏼
Sources & Références
- Andersen KV, Bovim G. (1997). "Impotence and nerve entrapment in long distance amateur cyclists. Acta Neurologica Scandinavica". https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/9150814/
- Awad MA et al. (2018). "Cycling, and Male Sexual and Urinary Function: Results from a Large, Multinational, Cross-Sectional Study. Journal of Urology". https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29031767/
- Guess MK et al. (2006). "Genital Sensation and Sexual Function in Women Bicyclists and Runners: Are Your Feet Safer Than Your Seat? Journal of Sexual Medicine". https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17100935/
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